L’hydrogène : une alternative intéressante pour la voiture électrique ?

Avec une hausse de plus de 22% d’immatriculation sur l’année 2018 la voiture électrique se fait peu à peu sa place dans le marché Français. Oui mais à quel prix ? Utilisant essentiellement des batteries pour stocker l’électricité la voiture électrique n’est en réalité pas si propre.

La voiture électrique c’est Zéro émission de CO2 / Km …

Il est vrai que la voiture électrique ne pollue que très peu lorsqu’elle roule. Et c’est d’autant plus vrai en France car l’essentiel de notre production d’électricité est issue des centrales nucléaires. On estime qu’en France l’empreinte carbone d’une voiture électrique sur son cycle de vie pollue 80% moins qu’une voiture thermique. Ce qui n’est pas forcément le cas dans d’autres pays comme l’Allemagne, par exemple, qui suite à son désengagement du nucléaire doit utiliser des centrales à charbon lors de ses pics de consommation. Et là on parle davantage d’une réduction de 25% de l’empreinte carbone et non plus de 80%.

… mais des batteries beaucoup moins propres

Cependant le vrai problème de la voiture électrique est dans sa batterie. La conception de ces dernières utilise des procédés très polluant pour extraire des minerais plus ou moins rares dans des pays comme la Chine, la Mongolie ou encore le Congo. Ces extractions nécessitent souvent l’utilisation d’eau et de produits chimiques en grande quantité pouvant lourdement abîmer les sols. Et c’est sans compter le difficile recyclage de certaines batteries qui utilisent des alliages de matériaux spécifiques. Vous l’aurez compris le bilan écologique de la batterie n’est pas rose. Cependant il est à noter que l’avènement des batteries a permis de faire avancer la recherche. C’est ainsi qu’une équipe de chercheur Américain est sur le point de concevoir une batterie au Sodium bien moins nocive pour la planète et quasiment aussi efficace qu’une batterie au lithium.

Et l’hydrogène ?

Cette technologie encore peu répandue sur le marché a pourtant de sérieux atouts face aux batteries chimiques. L’hydrogène a pour avantage d’être omniprésent sur terre et de pouvoir être produit à partir d’un procédé simple et qui n’utilise que de l’eau et de l’électricité. L’hydrogène est ensuite stocké dans des réservoirs qui serviront par la suite à alimenter une pile à combustible permettant de retransformer l’hydrogène en électricité. La production d’hydrogène et son utilisation reste donc très propre à condition que l’électricité utilisée pour l’électrolyse soit issue d’énergies renouvelables. L’application de l’hydrogène à la voiture offre ne nouvelles perspectives que l’on ne retrouvait que difficilement avec les batteries : L’autonomie est équivalente aux voitures thermiques et son temps de remplissage des réservoirs s’apparente à celui d’un plein d’essence.

Mais pourquoi cette technologie a du mal à décoller ?

Les raisons sont multiples mais ont souvent pour dénominateur commun un manque d’économie d’échelle. En effet l’hydrogène est une technologie qui reste cher mais qui pourrait devenir de plus en plus attractive. Actuellement le coût d’une voiture à hydrogène se situe aux alentours de 70-80 K euros. La pile à combustible de la voiture à hydrogène, responsable en grande partie du coût, contient du platine. Un minerai plus cher que l’or que les chercheurs essayent de remplacer. Pour ce qui est du prix de l’hydrogène il est proche de celui de l’essence. Soit relativement cher. Ceci est en partie dû à une perte de 20% d’énergie entre l’apport d’électricité utilisé pour l’électrolyse et l’hydrogène capturé en sortie de processus. Mais nous pourrons espérer mieux à l’avenir grâce aux futurs investissements dans la recherche à condition que le marché décolle.  

Et c’est progressivement ce qui est en train de se passer. Les projets et les acteurs autour de l’hydrogène se multiplient depuis quelques années. En Normandie, la région a débloqué 15 millions d’euros pour son projet hydrogène, Hyundai sort son nouveau SUV le Nexo, La Corée du Sud va investir près de 2 milliard dans l’hydrogène, Un nouveau train construit par Alstom en Auvergne-Rhône-Alpes roulera bientôt à l’hydrogène, l’État Français prévoit que 10% des énergies renouvelables soient transformés en hydrogène d’ici 2023. Autant d’actions qui montrent que l’hydrogène à un véritable rôle à jouer dans la mobilité de demain.